Tu enchaînes les foulées, les double-unders ou les burpees… et là, une petite fuite. Tu croises les jambes, tu ris jaune, tu mets une protection au cas où, et tu continues. Si tu te reconnais, tu n’es pas seule, et surtout, ce n’est pas une fatalité.
Kinésithérapeute spécialisée en périnatalité et santé du périnée à Rumilly, j’ai accompagné pendant plusieurs années des sportives de haut niveau. Aujourd’hui, je vois beaucoup de femmes qui adorent bouger (courir, faire du CrossFit, de l’Hyrox) et qui vivent avec ces fuites en silence. On va en parler clairement.
Fréquent, mais pas « normal »
Les fuites urinaires à l’effort (les pros parlent d’incontinence urinaire d’effort) sont très répandues chez les sportives. Dans les sports à impact (course, sauts, haltéro, CrossFit, Hyrox, trampoline), les études rapportent des taux élevés : souvent une femme sur trois, parfois une sur deux. Chez les athlètes de CrossFit, plusieurs études retrouvent une proportion importante de femmes concernées.
C’est donc courant. Mais courant ne veut pas dire normal, ni définitif. Une fuite, c’est un signal que ton corps ne gère pas parfaitement la pression à ce moment-là. Et un signal, ça s’écoute et ça se travaille.
Pourquoi ça arrive quand tu cours ou que tu sautes ?
À chaque foulée ou réception, ton corps encaisse plusieurs fois ton poids (en course, environ 2 à 3 fois le poids du corps). Toute cette pression descend vers ton bas-ventre.
Pour que rien ne fuie, trois acteurs doivent travailler en équipe et au bon moment : ton périnée, tes abdominaux profonds et ton diaphragme (ta respiration). Quand la coordination ou la capacité de ce trio ne suit pas le rythme de l’effort, la pression passe, et la fuite arrive.
Point clé : ce n’est pas qu’une histoire de force. Serrer à fond ne suffit pas, et un périnée trop tendu peut même aggraver les choses. Ce qui compte, c’est la coordination et la gestion de la pression pendant le mouvement.
Ce qu’il ne faut pas faire
- Arrêter le sport définitivement : l’objectif est d’adapter, pas de renoncer.
- Multiplier les pipis de précaution : aller aux toilettes au cas où déshabitue ta vessie.
- Attendre que ça passe tout seul : sans rien changer, le corps garde ses automatismes.
Ce qui marche vraiment
La rééducation du périnée (entraînement des muscles du plancher pelvien) est le traitement de première intention, avec un bon niveau de preuve scientifique. Un accompagnement efficace combine :
- Comprendre et sentir ton périnée : le contracter, mais surtout le relâcher.
- La respiration et la coordination : souffler au bon moment, faire travailler périnée, abdos profonds et diaphragme ensemble.
- La gestion de la pression pendant le mouvement : là où tout se joue pour la course, les sauts, les WOD.
- La progressivité : réintroduire l’impact par étapes, sans forcer.
Chaque femme est différente : un bilan permet de comprendre ton fonctionnement et de construire un plan adapté à ta pratique (10 km, box, Hyrox…).
Quand consulter ?
Dès les premières fuites. N’attends pas que ce soit régulier ou installé : plus tôt tu t’en occupes, plus c’est simple. Une sensation de lourdeur ou de « boule » au bas-ventre est aussi un signal à ne pas laisser traîner.
La rééducation périnéale se fait sur prescription d’un médecin : parles-en à ton médecin, qui pourra te prescrire un bilan chez une kinésithérapeute formée en rééducation périnéale. Il n’y a rien de honteux à en parler, au contraire, c’est le premier pas.
Se faire accompagner à Rumilly
J’accompagne les femmes sportives à retrouver du confort et de la confiance dans leur pratique, sans culpabilité. Mon petit plus : j’ai accompagné des sportives de haut niveau, je connais la course, la charge, l’intensité. On ne te dira jamais « arrête tout ».
Envie de faire le point ? Parles-en à ton médecin pour une prescription de rééducation périnéale, et prends rendez-vous au cabinet à Rumilly.
Cet article est informatif et ne remplace pas un avis médical. En cas de fuites, de douleurs ou de gêne, parles-en à ton médecin ou à un kinésithérapeute.