Kiné de la femme et maternité

Le sport pendant la grossesse : ce que tu peux vraiment faire

« Maintenant que tu es enceinte, lève le pied. » Tu l’as sûrement déjà entendue, celle-là. Et pourtant, dans la grande majorité des cas, c’est tout l’inverse qu’il faudrait te dire.

Je suis Charlotte, kiné femme et maternité à Rumilly. Avant de me spécialiser en périnatalité, j’ai passé plusieurs années aux côtés de sportives de haut niveau. Alors le mouvement, l’effort, le corps qui bosse, c’est un langage que je connais bien. Et s’il y a un message que j’aimerais faire passer aux femmes enceintes, c’est celui-ci : bouger pendant ta grossesse, quand il n’y a pas de contre-indication, ce n’est pas dangereux. C’est même un cadeau que tu fais à ton corps et à ton bébé.

On fait le point, clairement.

Bouger enceinte, c’est recommandé

Ce n’est pas juste mon avis de kiné passionnée de sport. C’est ce que recommandent aujourd’hui les autorités de santé : en l’absence de contre-indication médicale, une activité physique régulière pendant la grossesse est bénéfique, pour toi comme pour ton bébé.

Concrètement, continuer à bouger pendant ces neuf mois est associé à plein de bonnes choses :

  • moins de risque de diabète de grossesse
  • moins de risque de pré-éclampsie et d’hypertension
  • une prise de poids mieux maîtrisée
  • un meilleur moral et moins de coups de fatigue
  • et cette confiance en ton corps qui change, qui fait tellement de bien

Bref, ton corps n’est pas fragile. Il est en train d’accomplir quelque chose d’incroyable, et le mouvement l’aide à le vivre mieux.

Combien, et à quelle intensité ?

L’idée, ce n’est pas de battre des records. C’est de bouger régulièrement, à une intensité qui te fait du bien.

Les recommandations parlent d’environ 150 minutes d’activité par semaine, réparties sur plusieurs séances (par exemple 30 minutes, 5 fois). Pas besoin de tout faire d’un coup.

Pour l’intensité, retiens un repère tout simple : tu dois pouvoir tenir une conversation pendant l’effort. Si tu peux parler mais pas chanter, tu es à la bonne intensité. Si tu es essoufflée au point de ne plus pouvoir dire un mot, c’est trop.

Et surtout : on adapte à TON niveau de départ. Si tu étais très sportive, tu peux continuer en ajustant. Si tu ne l’étais pas, on y va doucement, on commence petit. Les deux sont parfaits.

Quels sports choisir ?

Bonne nouvelle : tu as le choix, bien plus large qu’on ne te le dit. Le combo qui marche le mieux, c’est d’associer quelque chose qui renforce tes muscles et quelque chose qui travaille ton souffle.

Dans les valeurs sûres : la marche, la natation, le yoga, le Pilates, le vélo d’appartement, le renforcement musculaire adapté. Et oui, tu peux continuer la course à pied si tu courais déjà, en réduisant l’intensité.

Ce qu’on évite, en revanche :

  • les sports avec risque de chute ou de choc sur le ventre (ski, équitation, sports de contact)
  • la plongée sous-marine
  • le vélo sur route et la randonnée en terrain accidenté à partir du milieu de grossesse, à cause de l’équilibre qui change

La règle d’or, c’est toujours la même : on ADAPTE, on ne s’arrête pas tout. Et bien sûr, avec le feu vert de ton médecin ou de ta sage-femme.

Les 2 clés pour bouger en sécurité

C’est là que mon métier de kiné entre en jeu, et c’est ce qui fait toute la différence pour ton périnée et ta sangle abdominale.

Ton périnée. Apprendre à le sentir, et surtout à souffler au bon moment sur l’effort, plutôt que de bloquer ta respiration. Ton souffle et ton périnée travaillent ensemble.

Tes abdos profonds. L’idée, c’est d’engager doucement ta sangle abdominale juste avant l’effort, sans pousser ton ventre vers l’avant. Ça protège ton périnée et ça gère la pression au bon endroit.

Ce ne sont pas des gestes compliqués, mais bien accompagnés, ils changent tout. C’est exactement ce qu’on travaille ensemble en séance.

Les signaux qui doivent te faire arrêter

Bouger en sécurité, c’est aussi savoir quand s’arrêter. Interromps l’activité et parle à ton médecin ou ta sage-femme si tu ressens :

  • des saignements ou une perte de liquide
  • des contractions douloureuses ou régulières
  • une douleur (ventre, poitrine)
  • un essoufflement qui persiste même au repos, un malaise, des vertiges
  • une douleur ou un gonflement d’un mollet

Ton corps t’envoie des signaux. On les écoute, toujours.

Et si, pour toi, ce n’est pas possible ?

Certaines situations demandent de lever le pied, voire de mettre l’activité en pause : c’est le cas des grossesses à risque, et c’est ton médecin ou ta sage-femme qui pose ce cadre. Si on te l’a déconseillé, tu écoutes, sans culpabiliser.

Et si tu n’as tout simplement pas l’énergie en ce moment ? C’est OK aussi. Tu portes la vie, et ça, ça vaut déjà tout. Il n’y a aucune obligation de performance ici, juste l’envie de t’aider à te sentir bien dans ton corps.

On en parle, à Rumilly ?

Mon rôle, c’est de t’aider à bouger pendant ta grossesse en toute confiance, adapté à toi, à ton niveau et à ton trimestre. On regarde ensemble ce que tu peux faire, on protège ton périnée et ta sangle abdo, et on te construit quelque chose qui te ressemble.

Si tu veux faire le point, ça commence par un bilan, un temps rien que pour toi.

👉 Prends rendez-vous au cabinet, à Rumilly. On trouvera ensemble comment tu continues à bouger, mais bien.

Cet article est là pour t’informer, il ne remplace pas un avis médical. Avant de démarrer ou de reprendre une activité physique pendant ta grossesse, demande toujours l’accord de ton médecin ou de ta sage-femme.

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